la depeche.jpg

Encore une fois Frédéric Couziera été un des grands artisans de la victoire./ Photo DDM, Sébastien Lapeyrère.

Publié le 24/06/2019 à 08:16

      

Fédérale 3AuchGers

Auch est revenu dans le temple du rugby. Les Auscitains sont allés se chercher ce premier titre du renouveau et du nouveau-né RCA. Au bout de deux ans, l'exploit est né de la volonté d'un groupe, autour des Menkraska, Bosque, Lafforgue, Briscadieu, Arif et Lomidze, les techniciens, Fitan, Martet, Bernard, Henri, Pélo… et de dizaines de bénévoles, de dirigeants, d'un président et d'une ville tout entière. Mais ce ne fut pas facile.

 

Courbevoie est une fort belle formation, joueuse, technique et athlétique. Le stade de Saint-Junien possède une pelouse magnifique des tribunes et une piste cendrée de 1955, la chaleur étouffe les canards fringants et les lévriers athlétiques sauf les supporters en fusion. On joue depuis une minute quand sur la première attaque parisienne, Couzier intercepte aux 55 mètres, Les lévriers aux trousses ne le rattrapent pas et posent le cuir en coin (5-0). Ensuite, le jeu se stabilise les deux équipes ayant leurs temps forts. Il faut attendre la 26e pour que la défense francilienne soit prise hors jeu. Et Vignes débutait son one-man-show en convertissant la pénalité de face (8-0). Courbevoie jouait et plutôt bien. Tellement que dans les deux minutes suivantes Decronumbourg perforait la défense gersoise pour aller entre les poteaux, Bajart transformait et les lévriers revenaient dans le match (8-7).

En fin du premier acte, Auch affichait sa volonté et envahissait Lutèce. Les Courbevoisiens défendaient parfois à la limite mais monsieur l'arbitre ne sévissait pas. Sous une chaleur suffocante, la dégustation des oranges intervenait à point nommé.

Dès le levé de rideau du deuxième acte, Auch et ses avants indiquaient leurs intentions et Vignes passait la pénalité sur un hors-jeu parisien (11-7, 51e).

Le grand instant du match arrivait à la 60e. Vignes récupérait un ballon aux 50 mètres, tapait un petit coup de pied pour lui-même, récupérait le cuir, donnait à Clauzade arrivé en soutien, qui lui redonnait à l'intérieur, et Vignes portait l'objet du désir sur le parvis de l'église adverse… Gassiot-Bitalis transformait (18-7). L'énorme public auscitain chantait, criait… Mais les ardeurs allaient encore être tempérées par les Courbevoisiens qui répliquaient immédiatement sur une très belle combinaison des trois-quarts (63e) par un essai du centre Bournac. Bajart transformait (18-14). Le peuple gascon tremblait, les parisiens envoyaient leur va-tout, les Auscitains pliaient sans rompre, revenaient même dans le camp de Courbevoie et l'arbitre sanctionnait un nouveau hors-jeu francilien. Vignes à 120 %, passait la pénalité et redonnait de l'air aux siens (21-14).

La fin était haletante, Auch conservait le score, Viviez, le petit jeune, rentrait, et Auch levait les bras quand Couzier envoyait le ballon dans la campagne Limousine. «We are the champions, my friends…» chantait le peuple gersois en envahissant le terrain. Les joueurs étaient sur leur nuage. Antoine Blondin qui ne connaissait pas le RCA disait «Une équipe, c'est un corps dont aucune partie ne peut vivre par elle-même, ni se retrancher des autres sans compromettre l'ensemble». Le RCA a réalisé ainsi l'exploit en étant soudé.

Auch est en liesse, les joueurs ont fait le choix de faire œuvre commune pour écrire l'histoire, éclairant l'avenir qui reste toujours à construire.

AUCH 21 Courbevoie 14

MT 8-7 Arbitres : B. Rousselet assisté de F. Hand, R. Aiglebonne

Pour Auch : 2 E Couzier (1er), Vignes (60e), 3P (26e, 51e, 69e) Vignes, 1T Gassiot-Bitalis.

Pour Courbevoie : 2E Decronumbourg (27e), Bournac (63e) ; 2TBajart