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Au 3e jour de notre séjour en Afrique du Sud, il pleut !

Faut-il y voir un signe ? Puisque la région attend cruellement que tombe de l’eau du ciel depuis des mois. Si notre planning de mini-trek vers le sommet de Table Mountain a dû être repoussé, le reste s’est tenu dans les temps.

Arrivée au camp de Tokai, en pleine nature, parmi de jeunes sud-africains en casernement, en plein apprentissage de la marche au pas, et de quelques babouins espiègles prêts à entrer dans les dortoirs pour voler le tout-venant. Les couleurs du RCC furent hissées et flottent désormais pour 8 jours au sommet du mat de ce lieu où nous vivons.

Après un après-midi d’adaptation (30 voire 35 degrés), le deuxième jour fut placé sous le signe du rugby. Mise en place matinale sur le terrain de notre camp. Repas étalé dans le temps, et départ pour l’école réputée de Stellenberg.

Un changement de bus, pour cause de panne, et 50 minutes plus tard, les lévriers étaient bien présents au rendez-vous. Terrain sec bordé de montagnes, un décor idyllique pour des souvenirs impérissables. Le staff technique, qui regrettait de ne pas avoir 15 ans pour enfiler un maillot, insistait bien sur ce privilège de jouer ce match à 10 000 kilomètres de la France.

Nos adversaires étaient franchement plus grands, plus lourds que nos lévriers, qui n’allaient devoir compter que sur leur courage et leur vitesse pour arrêter les assauts Sudaf.

Très vite, nous avions compris que l’agressivité déployée par les jeunes de Stellenberg n’avait rien à voir avec ce qui est autorisé en France.

Mêlées poussées sur 1mètre, piétinement dans les rucks, projections au sol, nos garçons ont fait une plongée immédiate dans le rugby rugueux sud-africain.

Lorsque nos lévriers se sont mis à mordre, il était déjà trop tard pour espérer gagner le match. La défaite (de 7 ou 8 essais) fut nette et sans bavure. Mais nos 28 joueurs ont participé au match. Et, le jeu s’est parfois équilibré. D’ailleurs, nos cadets se sont étonnés d’entendre leurs adversaires leur donner du « good job » lorsqu’ils encaissaient à leur tour de sévères plaquages ou prises à deux. Le respect passe par le combat en Afrique du Sud, et nos lévriers n’ont pas laissé leur part aux… chiens.

Mais le plus beau restait à venir.

Comme pour le match, rien n’était écrit à l’avance lorsque les nôtres proposèrent à leurs adversaires de venir poser pour la photo tous ensemble. Nos vilains SudAfs se sont alors transformés en souriants ados et la magie a opéré.

Echanges de shorts et de maillots, selfies, rigolades, et gouter commun.

Puis, vint un chahut mémorable, ou dans un « franglais-afrikaaner » les 45 jeunes se sont mis à se répondre par chansons interposées. Quelques danses spasmodiques, des fous-rires, et pour finir un Paquito de belle facture sous les yeux embués de quelques accompagnateurs, heureux de vivre eux aussi ce genre de moments que seul le sport peut offrir.

Courbevoie a clairement gagné la 3e mi-temps. L’honneur est sauf.

Aujourd’hui donc il pleut… mais demain déjà se profile un match dirigé face à l’Association VUKA. Les impacts seront moins douloureux. Place au jeu. Enfin, on l’espère, on vous dit ça très vite.